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Chirurgie oncoplastique : préserver la forme du sein après tumorectomie

il y a 2 heures
7 min de lecture

La chirurgie oncoplastique associe le retrait d’une tumeur et le remodelage du sein. Le chirurgien cherche à retirer le cancer avec une marge, puis à limiter un creux ou une déformation. Elle peut faire partie d’une tumorectomie lorsque conserver le sein est adapté. Les marges doivent ensuite être vérifiées par l’analyse des tissus.

Image de l’animation sur la chirurgie oncoplastique du sein.

Dans cet article

Comprendre la chirurgie oncoplastique

Onco renvoie au cancer ; plastique au remodelage. Le premier objectif est le traitement du cancer. Une tumorectomie retire la tumeur et du tissu autour, en conservant le reste du sein. Dans des situations sélectionnées, la chirurgie conservatrice avec les traitements associés est une alternative à la mastectomie. Votre équipe vérifie si cela est adapté.

Le retrait peut laisser un creux, modifier la position du mamelon ou créer une asymétrie. Le risque dépend du volume retiré, de sa position et du sein. Le remodelage cherche à limiter ces effets, sans garantir un aspect inchangé.

La sécurité du traitement reste prioritaire. Le volume à retirer doit répondre aux besoins du cancer. Une marge suffisante est recherchée et vérifiée après l’opération. Une autre intervention peut rester nécessaire.


Animation de chirurgie oncoplastique : elle montre le principe général. Elle ne présente pas toutes les complications, ne donne pas vos consignes et ne prédit pas votre résultat. Les gestes peuvent être différents.


Dans quelles situations la discuter ?

Un remodelage supplémentaire n’est pas nécessaire à toutes les tumorectomies. Il peut être utile lorsqu’un défaut de forme est attendu, notamment si :

  • la tumeur est volumineuse par rapport au sein ;

  • sa position risque de déformer le mamelon ou une zone basse ou interne ;

  • un sein volumineux ou tombant permet une méthode de réduction ;

  • le volume restant ne suffit pas et un tissu voisin pourrait combler le défaut ;

  • une méthode adaptée pourrait permettre une conservation du sein, après vérification de la sécurité du traitement.

La quantité et la qualité des tissus, ainsi que la radiothérapie, comptent. Celle-ci peut rendre les tissus plus petits et plus fermes. Le chirurgien et le radiothérapeute doivent prendre ces effets en compte dans la préparation.

Les principales méthodes

Deux principes existent : déplacer les tissus restants du sein ou apporter des tissus voisins pour remplacer le volume retiré. Le choix dépend du défaut, de la peau et des réserves disponibles.

Remodeler les tissus du sein

Lorsque le volume restant suffit, le chirurgien peut le déplacer vers le défaut. La forme et parfois la taille du sein changent. Les cicatrices dépendent du dessin choisi.

  • Réduction ou remontée oncoplastique : le retrait de la tumeur est associé à un dessin de réduction ou de mastopexie. Les tissus sont remodelés et le mamelon peut être repositionné. Les cicatrices peuvent entourer l’aréole, descendre verticalement et suivre le pli sous le sein.

  • Technique batwing : un dessin en ailes de chauve-souris peut donner accès à certaines tumeurs hautes ou proches de l’aréole. Les tissus voisins sont adaptés pour refermer le défaut. Son indication dépend de la position et du volume.

  • Technique round block : une incision autour de l’aréole permet certains retraits et remodelages. La cicatrice suit cette zone, mais peut rester visible, s’élargir ou modifier la forme de l’aréole.

Des déplacements plus limités ou des sutures peuvent aussi aider à refermer un défaut. Il faut assez de tissu et une circulation adaptée. Une déformation reste possible malgré le remodelage.

Apporter des tissus voisins

Si les tissus du sein ne suffisent pas, un lambeau local peut apporter de la peau ou de la graisse. Il peut limiter la perte de volume, sans garantir de conserver exactement la taille initiale.

  • Lambeau LICAP : utilise les tissus du côté du thorax pour certains défauts externes, avec une cicatrice donneuse latérale.

  • Lambeau AICAP : utilise les tissus sous le sein pour certains défauts bas ou internes. La cicatrice est près du pli.

  • Lambeau TDAP : utilise des tissus du dos ou du côté sur des vaisseaux perforants thoracodorsaux, selon les besoins et les tissus disponibles.

  • Lipomodelage : injecte de la graisse prélevée ailleurs pour corriger un creux. Il est souvent discuté plus tard, après les traitements, et peut demander plusieurs séances.

La prise de graisse peut être insuffisante. Consultez les résultats insuffisants du lipomodelage mammaire pour comprendre les alternatives.

Le calendrier avec la radiothérapie

Le remodelage peut être fait pendant la tumorectomie lorsque cela est adapté. Il utilise des tissus qui n’ont pas encore reçu la radiothérapie prévue. Le choix dépend aussi des marges, des traitements et de l’organisation du centre.

Certains centres réalisent les soins en deux étapes rapprochées : retrait de la tumeur, puis remodelage après les résultats de l’analyse. L’original décrit une seconde opération environ deux semaines plus tard. Ce protocole n’est pas une règle nationale ni une garantie de marges définitives. Demandez comment le centre gère une marge insuffisante.

Une correction peut aussi être discutée plusieurs mois ou années plus tard. Après radiothérapie, le calendrier dépend de la peau et des traitements ; les six à douze mois cités dans l’original sont un repère. Le suivi par imagerie continue. Le déplacement des tissus doit être connu de l’équipe qui prépare l’irradiation et interprète les images.

Les cicatrices et le résultat

Les cicatrices sont placées selon l’accès nécessaire au cancer et la méthode de remodelage. Elles peuvent être autour de l’aréole, verticales, dans le pli ou sur le côté. Une incision cachée par un vêtement n’est pas forcément invisible. Demandez un dessin et des photos de résultats cicatrisés.

Les cicatrices peuvent être rouges ou fermes puis s’assouplir sur un à deux ans. La forme évolue pendant plusieurs mois. La radiothérapie peut réduire le volume ou la souplesse. Le résultat ne devient pas forcément définitif un an après le traitement.

Un retour à domicile le jour même ou après une nuit est parfois possible. Les gestes associés et votre santé peuvent prolonger le séjour. Les activités reprennent progressivement selon les consignes. L’équipe du cancer planifie la radiothérapie en tenant compte de la cicatrisation.

La symétrie de l’autre sein

Le sein traité peut devenir plus petit ou plus haut. Une réduction, une remontée ou un lipomodelage de l’autre côté peut parfois améliorer l’équilibre. Ce geste est à discuter ; il n’est pas obligatoire et comporte des risques.

Les deux côtés peuvent parfois être opérés ensemble. Attendre les effets de la radiothérapie peut aussi être utile, car le sein traité continue à changer. Le calendrier se décide avec vous. Consultez la chirurgie de symétrie après tumorectomie ou mastectomie.

Les risques

Saignement, infection, sérome, plaie qui s’ouvre ou cicatrise mal sont possibles. Une zone de graisse peut être détruite et devenir ferme. Toute nouvelle boule doit être évaluée ; des examens ou un prélèvement peuvent être nécessaires. Ne supposez pas qu’elle est bénigne parce qu’un remodelage a été réalisé.

La sensibilité du mamelon peut changer et l’allaitement peut être plus difficile. L’analyse peut trouver une marge insuffisante et conduire à une nouvelle intervention, parfois une mastectomie. Le déplacement des tissus rend le repérage important ; des clips et le compte rendu aident à organiser la suite.

Le remodelage ne doit pas prendre le pas sur le traitement du cancer. L’équipe choisit une méthode compatible avec le retrait, l’analyse, la radiothérapie et le suivi. Elle ne peut pas promettre des marges saines ou un contrôle du cancer pour chaque personne.

Questions fréquentes

Que signifie oncoplastique ?

Associer le retrait du cancer et des gestes de remodelage ou de remplacement du volume. Le but est de traiter le cancer en limitant la déformation, sans garantir une forme inchangée.

Quelle différence avec une tumorectomie simple ?

La tumorectomie retire la tumeur et une marge. La chirurgie oncoplastique ajoute un remodelage adapté au volume ou à la position du défaut. Elle peut aussi ajouter des cicatrices, des risques et une récupération.

À qui cette approche peut-elle convenir ?

Lorsque le volume retiré ou sa position risque de modifier le sein, et si la chirurgie conservatrice reste adaptée au cancer. La peau, le volume restant et les traitements sont examinés avec vos souhaits.

Le traitement du cancer reste-t-il prioritaire ?

Oui. Le retrait, l’analyse des marges et les traitements associés restent essentiels. Les données sont rassurantes dans des situations sélectionnées, sans garantir l’absence de récidive. Le remodelage nécessite une coordination du suivi et de la radiothérapie.

Faudra-t-il encore une radiothérapie ?

Elle est souvent prévue après chirurgie conservatrice. Un remodelage ne supprime pas son indication. Les tissus déplacés doivent être pris en compte pour cibler la zone à traiter.

La forme du sein changera-t-elle ?

Elle peut devenir plus petite, plus haute ou différente. Le remodelage cherche à limiter les creux. La radiothérapie et la cicatrisation peuvent encore modifier le résultat.

Faut-il opérer l’autre sein ?

C’est parfois une possibilité pour améliorer la symétrie, pendant la même intervention ou plus tard. Vous pouvez aussi choisir de ne pas le faire. Comparez les bénéfices, les cicatrices et les risques.

Questions à poser à votre chirurgien

  • Cette méthode est-elle adaptée à ma tumeur et à mon sein ?

  • Quel remodelage proposez-vous et quelles seront les cicatrices ?

  • Sera-t-il fait immédiatement ou dans une autre opération ?

  • Quels effets attendre de la radiothérapie et quand discuter l’autre sein ?

  • Que prévoyez-vous si l’analyse trouve une marge insuffisante ?

Contenu de Dr Mahyar Foumani, chirurgien plasticien spécialisé en reconstruction mammaire. Cet article s’appuie sur son livre Breast Reconstruction Explained et sur le contenu original du site.

Un article pour comprendre et préparer votre consultation

Cet article explique la reconstruction mammaire avec des mots simples. Il vous aide à comprendre les possibilités et à préparer une décision avec votre médecin. Il ne remplace pas un avis adapté à votre situation.

Votre corps, votre maladie, vos traitements et vos souhaits comptent dans le choix. Suivez les consignes de votre équipe. Si un symptôme apparaît ou si vous avez un doute, contactez votre médecin. En cas d’urgence, appelez le numéro d’urgence de votre pays.

Dr Mahyar Foumani exerce comme chirurgien plasticien aux Pays-Bas. Son profil public mentionne le numéro BIG 79913128001. Son autre profil professionnel indique les qualifications EBOPRAS Fellow et l’appartenance à la NVPC.

Cette version française est réécrite à partir du contenu original. Une date de révision de l’original ne constitue pas une validation médicale indépendante de cette version.

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